Valparaiso


La ville a été le premier et le plus important port marchand sur les routes maritimes de la côte Pacifique de l’Amérique du Sud qui reliaient les océans Atlantique et Pacifique par le détroit de Magellan. Le port a joué un rôle commercial majeur dans la région, à partir des années 1880 jusqu’à l’ouverture du Canal de Panama en 1914.

A compter de cette date,”La Perle du Pacifique” comme l’on appelait Valparaiso son développement s’est ralenti.

Dès la deuxième moitié du XVIII ème siécle, l’activité portuaire du site augmenta fortement. C’est de là que partaient le vin, le cuir et le fromage qui étaient envoyés dans l’ensemble de l’Amérique du Sud. Plusieurs navires en provenance de la métropole s’y arrêtaient aussi. En 1730, on y comptait 100 maisons et 4 églises.

 

Avec l’indépendance du Chili en 1821 et la nouvelle liberté de commerce, Valparaiso devint le port le plus important de la nouvelle nation et l’escale obligée pour les navires allant de l’Atlantique au Pacifique via le détroit de Magellan.

Comme Valparaiso est une ville portuaire, les “Porteños”, c’est à dire les habitants d’une ville portuaire, utilisaient la tôle abandonnée dans le port pour couvrir et protéger leurs maisons faites de briques d’adobe (sorte d’argile mélangée à de l’eau et de la paille). Et comme avec le vent et l’humidité la taule avait tendance à rouiller, les gens ont commencé à peindre leur maison avec la peinture utilisée sur les bateaux. On observe donc des mosaïques de couleurs imbriquées les unes dans les autres pour le plus grand plaisir des yeux… Quelle différence avec les teintes uniformes que l’on peut observer chez nous!

Le Porteño, lui, est connu comme quelqu’un d’aimable et plutôt rebelle, un enfant de marins et d’aventuriers, heureux de vivre dans une ville ouverte comme un moulin, “ce port sans porte” qu’a chanté Neruda. De fait, la ville a accueilli tout le monde, elle a lu dès la fin du XVIIIe siècle tous les livres des Lumières, qui portent en castillan le joli nom de “la Ilustracion”. Beaucoup de navigateurs sont restés à Valparaiso et l’on retrouve leurs traces aujourd’hui. Des Allemands (le restaurant Hamburg sert toujours de la choucroute et des saucisses), des Italiens (leur école, sur l’avenue Pedro-Montt, dont l’architecture fasciste mériterait une inscription aux monuments historiques du Cône sud, est sur le point d’être détruite pour faire place à un supermarché), des Français, qui fondent des collèges religieux, et des Anglais donc, dont l’influence fut si grande que la première dette extérieure du Chili fut celle du pays envers la Grande-Bretagne.

Valparaiso est à double visage… D’un côté le street art sature les yeux de lumière, de l’autre coté on perçoit une ville à l’abandon…

Valparaiso avance à contretemps du reste du pays, elle si pauvre aujourd’hui alors que le Chili va bien, elle qui fut si prospère du temps des grandes traversées  maritimes quand ce dernier n’était que le cul-de-sac du monde, comme si le Chili était une île perdue coincée entre mer et les montagnes…

Le centre de Valparaiso regorge de vieux édifices témoins de la grandeur passée de la cité, immeubles passés de la catégorie splendide à celle de crasseuse et par endroit, la ville semble fantomatique.

Va al paraiso, “vas au paradis”, est une bénédiction à l’origine du nom de la cité, escalader les collines, les cerros auxquels on peut accéder par ces ascenseurs qui sont à la ville ce que la tour Eiffel est à Paris. Là-haut, tout est calme. Les maisons, des plus jolies villas aux plus misérables masures faites de tôles ondulées rongées par la rouille, voient l’océan au loin. Si personne dans les hauteurs ne vous invite à regarder par sa fenêtre, il suffit d’aller chez Pablo Neruda pour profiter du point de vue.

 

Ils sont arrivés de la mer … comme de nouvelles vagues et de nouveaux airs … pour les immigrants qui sont restés, pour l’immigrant qui passe et aussi pour les immigrants abandonnés. Immigrant ton importance vit de nos jours.

Aux hommes et aux femmes qui sont venus sur cette terre avec l’esprit aventureux aux cœurs libres et aux grands rêvesA ceux qui ont pris racine, fondèrent une famille et font aujourd’hui partie de notre patrie

A ceux qui n’ont pas eu de descendance et pour qui leurs tombes ont été abandonnées

A tous ceux qui ont laissé leur trace, nous leur devons une partie de ce que nous sommes

A tous ceux qui ont aimé et chanté chaque jour,

A tous ceux qui, avec force et courage, ont forgé les fondements de nombreuses familles et qui font maintenant partie de notre société

Regard du monde