Machu Picchu via le trek du Salkantay


Le trek du Salkantay mélange la beauté culturelle et naturelle sur un circuit de 4 jours avec comme apothéose le site du Machu Picchu.

On passe d’un univers minéral avec le passage du Col du Salkantay à un peu plus de 4600m à un autre végétal dans les forets primaires et autres plantations de café puisque nous sommes ici aux portes de l’Amazonie. Cette région est donc d’une très grande variété pour la flore et la faune.

Situé à 2.430 mètres d’altitude, le Machu Picchu semble littéralement émerger de la forêt tropicale . Ce site spectaculaire, édifié sur une crête rocheuse entourée de précipices abrupts, s’étend sur près de 13 km². Il a été classé au patrimoine mondial de l’humanité en 1983. Ce sanctuaire est le plus important patrimoine matériel laissé par la civilisation inca, et l’une des plus exceptionnelles réalisations architecturales et artistiques au monde.

Construit au XV ème siècle, ce site a été abandonné lors de la conquête espagnole vers 1530. Protégé par sa situation géographique et son accessibilité très compliquée, le site est ainsi tombé dans l’oubli pendant plus de trois siècles jusqu’à sa redécouverte par l’Américain Hiram Bingham, un peu par hasard, le 24 juillet 1911 alors qu’il cherchait la ville de Vitco, dernier refuge des Incas.

De retour du Machu Picchu, Pablo Neruda aurait écrit ces quelques mots:

Machu Picchu est un voyage à la sérénité de l’âme, à la fusion éternelle avec le cosmos, là-bas nous sentons notre propre fragilité. C’est une des grandes merveilles d’Amérique du Sud. Un havre de papillons à l’épicentre du grand cercle de la vie. Un miracle de plus.”

 

Cité créée par les Incas au moment de l’apogée de cette civilisation au XVème siècle, elle comporte de nombreuses terrasses ainsi que des murs de pierre minutieusement assemblés, ayant remarquablement bien traversé les époques.

Abandonnée lors de l’effondrement de l’empire inca (avant la fin de sa construction), cette ville sacrée a été oubliée durant des siècles. Elle est considérée comme étant une œuvre maîtresse de l’architecture inca et mérite amplement sa place sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983.

 Paradis des amateurs de vieilles pierres et d’Histoire, le Pérou l’est également des trekkeurs.

Première et dernière image de cet itinéraire. Tout d’abord en haut, le Salkantay culminant à 6271m et le Phutuq K’usi vue depuis Machu Picchu le jour précédent notre retour à Cuzco.

 

 

Jour 1: Cusco-Mollepata-Soraypampa- Lac Soroy Cocha (6h)

Nous quittons Cuzco vers 5h du matin pour 2 heures de bus jusqu’au petit village de Mollepata. De là, le canal inca, nous guidera jusqu’au hameau de Soraypampa. L’étape dure 2 heures et offre de très beaux points de vues sur les sommets nous entourant. 

 

Jour 2: Soraypampa- Collcapampa (6h)

Grosse étape aujourd’hui avec le passage du col du Salkantay à 4650 et longue redescente jusqu’au village de Collcapampa à 2600m d’altitude…. Cette longue descente se traduit par un gros changement du couvert végétal

 

 

 

le Río Salkantay poursuit son bonhomme de chemin, serpentant entre les montagnes, accueillant ici et là les eaux de magnifiques cascades dissimulées dans la végétation.

Jour 3: Collcapampa-Lucmabamba (4h)

L’itinéraire d’aujourd’hui suit majoritairement en rive gauche du Salkantay dans une forêt primaire. La végétation est abondante et luxuriante et est un havre de paix pour les orchidées et les colibris… Nous dormirons le soir venu dans le village de Lucmabamba où la culture du café prédomine.

La découverte des plantations de café avec les habitants de Lucmabamba de la récolte, à la torréfaction en passant par la dégustation

Jour 4: Lucmabamba – Aguas Calientes

L’itinéraire attaque directement par une montée d’une bonne heure jusqu’au col de Lactapata d’où l’on aperçoit pour la première fois les ruines de la prestigieuse citée inca. La journée ne s’arrête pas là, car apres une bonne heure de descente bien raide, il faut ensuite longer les rails péniblement chargés des gros sacs jusqu’à Agua Calientes.

 

Dans la forêt primaire, passés le col de Lactapata.

Venant de métropole, je découvre ces forets originelles où l’homme n’a pas encore laissé sa trace

 

Nous retrouvons à Hydroelectrica le flux des touristes; de ce point, seul le train de la compagnie Peru Rail ou ses jambes permettront de rejoindre Agua Calientes.

S’offrir l’une des nouvelles merveilles du monde se mérite: 3h de marche supplémentaire le long de la voie ferrée pour atteindre le village d’Agua Calientes posé au pied du Machu Picchu…à moins de préférer s’offrir le voyage en train (45mn) contre une bonne poignée de dollars.

Jour 5: Aguas Calientes – Machu Picchu

Journée plus calme aujourd’hui mais terriblement excitante avec la découverte de la cité inca…

Le Machu Picchu (qui signifie “Vieille Montagne” en quechua) se situe à 2430 mètres d’altitude dans un cadre extraordinaire et est sans conteste la première attraction touristique du Pérou avec ses 800 000 visiteurs annuels. Créés par les Incas au moment de l’apogée de cette civilisation, les nombreuses terrasses, rampes, murs de pierre minutieusement assemblés, ont remarquablement bien traversé les époques.

 

Extrait de “MACHU PICCHU, La forteresse oubliée”

 

Voilà déjà 6 jours que l’expédition dirigée par le professeur Hiram Bingham a quitté Cuzco, l’ancienne capitale de l’empire inca pour trouver d’autres traces de ce peuple terrassé par les conquistadores espagnols au XVI ème siècle. Hiram Bingham, alors âgé de 36 ans, joue gros,

Lui, l’érudit américain, professeur d’histoire amérindienne à l’université de Yale, a enfin obtenu une bourse archéologique d’un montant de 10000 dollars (185000) de la National Society, après trois années d’attente. Et tout ce qu’il a en main pour réussir c’est une vieille carte énigmatique du XVII ème siècle.

Ce 23 Juillet 1911, son équipe constituée de 10 hommes parvient à une petite plantation nommée Mandor Pampa et décide d’y établir son camp pour la nuit. A côté d’eux se trouve l’habitation du propriétaire des terres. « Peu de temps s’écoula avant que celui ci ne vienne nous rendre visite et se renseigner sur nos affaires » écrivait Bingham dans un article publié dans le National Geographic Magazine d’avril 1913. Répondant au nom de Melchor Arteaga, ce paysan « dont le métier consistait à vendre de l’herbage et du pâturage aux voyageurs, et, occasionnelement, à leur fournir des spiritueux », va devenir un élément capital dans la réussite de expédition. « En haut des précipices se trouvent les ruines d’un site qui s’appelle Machu Picchu (le « vieux pic » en langage quechua) », raconte t’il au détour d’une conversation anodine avec Bingham. L’occasion est trop belle. L’américain ne lâche plus ce paysan que les dieux incas semblent lui avoir envoyé. Il s’attache donc immédiatement les services de ce brave homme contre 50 cents par jour. Une somme qui ne semblait pas déraisonable, bien qu’elle représentait deux fois et demie son salaire quotidien actuel.

Le lendemain matin, après le petit déjeuner, Bingham reprend la route. Mais seulement en compagnie de son nouveau guide et de son interprete, le sergent Carcasco. « Personne ne supposait que les ruines se révéleraient particulièrement intéressantes, et personne ne voulait m’accompagner .»

Les trois hommes s’enfoncent dans la jungle humide et terriblement froide jusqu’au bord du Rio Urubamba. Là, ils traversent « un petit pont branlant composé de quatre troncs d’arbres reliés par des lianes » juste au-dessus des rapides. La structure est si précaire que Bingham préfère ramper. De l’autre côté de la rivière, une piste abrupte attend les explorateurs qui peinent à se frayer un chemin à travers la végétation envahissante. « Nous avons grimpé à quatre pattes le long d’une pente recouverte d’herbe glissantes et planté nos doigts dans la terre pour ne pas tomber. La chaleur était oppressante…Je me suis hissé péniblement à travers une végétation un peu moins dense jusqu’à un replat. Trempé de sueur, je me suis redressé et j’ai aperçu une cabane. Une famille indienne, vivant ici depuis trois ou quatre ans nous a chaleureusement accueillis, déposant devant nous des gourdes remplies d’une eau de source fraîche et délicieuse, ainsi que quelques patates douces bouillies et refroidies. »

Les indiens évoquent d’autres maisons anciennes situées un peu plus loin. Hiram Bingham se remet donc en route vers le sommet, accompagné d’un nouveau guide autochtone, un garçon d’une dizaine d’années.

« De tous côtés s’élevaient les magnifiques pics du canyon Urubamba, tandis que 600m en dessous de nous, grondaient les eaux déchainées de la rivière. Sur la face ouest du sommet, les trois familles indiennes ayant élu domicile dans ce nid d’aigle, ont construit un étroit passage, dont une partie se composaient d’échelles de lianes et de troncs d’arbres liés. ». L’archéologue aperçoit des ouvrages humains : « Dans mon excitation, j’ai oublié la fatigue et j’ai marché le long d’une terrasse jusqu’à la jungle. Je me suis engagé dans un sous bois humide, puis je me suis arrêté : un mur couvert de mousse se dressait devant moi… D’immenses blocs de granit étaient solidement assemblés, sans mortier, c’était une construction inca des plus élaborées. ». La cité est accroché à une crête étroite entre deux pics en forme de dôme qu’encerclent des nuages, ajoutant à l’onirisme du site. Bingham suit de la main les contours d’anciens murs masqués par des plantes grimpantes. A quelques pas de là, sur une esplanade, se dressent « deux splendides temples ou palais ». Les lianes et la mousse recouvrent pas moins de deux cent soixante monuments étagés sur 700 mètres de long et 500 mètres de large, protégés de toute parts par de vertigineux précipices. Personne ne les avait vus depuis plus de trois siècles.

Les maisons serrées les unes aux autres sont reliées par des rues étroites et plus d’une centaine d’escaliers. « La qualité supérieure du travail de la pierre, la présence de magnifiques édifices et le nombre exceptionnel de demeures construites avec finesse, me laissent à penser que le Machu Picchu est la plus grande et la plus importante cité inca découverte en Amérique du Sud depuis la conquête des espagnols en 1532. », estime alors Bingham.

L’un des bâtiments les plus importants comporte trois fenêtres, une caractéristique rare dans l’architecture péruvienne. Ces éléments de construction, ajoutés au fait que la cité soit située dans la partie la plus inaccessible des Andes, me portèrent à croire que le Machu Picchu pouvait bien être Tampu Tocco, ce lieu mytique où les incas étaient arrivés lorsqu’ils étaient à la recherche de Cuzco, et dont ils posèrent les premières pierres, fondation d’un empire qui devait s’étendre à une grande partie de l’Amérique du Sud ». Sur 4800 kilomètres exactement, du nord au sud des Andes.

Comment une ville si vaste avait elle pu échapper aux conquistadores, qui ont pourtant tout fait pour retrouver la plus grande cité inca ? Du bas de la vallée, la réponse s’impose : il est totalement impossible d’apercevoir le Machu Picchu. Les architectes incas ont bien fait leur travail. Mais, quant aux mythes des cités d’or, le site se révéla bien décevant.

En 1912, lorsque Bingham revint sur place, il s’évertua à retrouver les tombes, persuadé d’avoir découvert Vilcabamba, le dernier bastion de résistance de l’empereur inca face aux espagnols qui fut ensuite détruit par ces derniers en 1572. En tout, Bingham exhuma les restes de 173 individus, dot une majorité de femmes. Mais toujours pas de traces d’or. Rien que des os et quelques objets en céramique

Le 24 ­juillet 1911, après une longue marche dans la forêt vierge péruvienne, l’explorateur américain Hiram Bingham découvre le sanctuaire inca du Machu Picchu. Ses clichés font l’objet, dès­1913, d’un numéro entier de National Geographic et Bingham devient célèbre. Toutefois, il craint déjà à l’époque d’avoir été devancé. « À la possible exception d’un prospecteur de mines, personne à Cuzco n’avait vu les ruines du Machu Picchu ou perçu leur importance », écrit-il en 1922.

Bingham a vu juste : en 2008, Paolo Greer, explorateur de la région de Cuzco révèle que le premier découvreur est en réalité l’Allemand Augusto Berns. Ce prospecteur de mines a travaillé dès les années 1860-1870 dans la région de Cuzco, où il possédait un vaste terrain englobant le Machu Picchu, clairement identifié sur une de ses cartes. Ses archives montrent même qu’en­1887 il a obtenu l’autorisation du gouvernement d’exploiter une huaca inca, c’est-à-dire un lieu sacré. Très probablement le Machu Picchu.

Ainsi, si Bingham n’est pas le découvreur du Machu Picchu, il fut néanmoins la personne qui le mit en valeur et contribua ainsi à la naissance du mythe.

 

Le lendemain, le 24 Juillet 1911, Arteaga conduisit Bingham et le sergent Carrasco du côté de la rivière sur un pont de bois primitif en direction de la montagne. Au sommet de la montagne, ils tombèrent sur une petite cabane occupée par un couple de Quechuas, Richarte et Alvarez, qui cultivaient certaines des terrasses agricoles du Machu Picchu originel, qu’ils avaient défrichées quatre ans plus tôt. Après un repos et des rafraîchissements, Bingham fût mené le long de la crête des principales ruines par Pablito, le fils de 11 ans d’Alvarez.

 

Photo du sergent Carrasco et de Pablito Alvarez

Les ruines étaient pour la plupart recouvertes de végétation, sauf pour les terrasses agricoles, et les clairières défrichées et utilisées par les agriculteurs comme jardins potagers. En raison de la végétation, Bingham n’était pas en mesure d’obtenir une vision complète du site. Il prit quelques notes préliminaires et mesures, photographia le lieu et observa la grande qualité des pierres incas de plusieurs bâtiments principaux. Bingham était cependant loin de son objectif initial, et trouvait qu’il n’y avait aucune indication qui correspondait à la description de la ville de Vitcos. L’expédition continua sur l’Urubamba et les rivières Vilcabamba, en examinant toutes les ruines qu’ils purent trouver, pour finalement trouver et identifier correctement le site de l’ancienne capitale inca, Vitcos, ainsi que le temple voisin de Chuquipalta. Par la suite, il trouva plus de ruines profondément enfouies dans le sous-bois de la jungle à Espiritu Pampa.

Regard du monde