Ascension des Rouies

Ascension des Rouies

Comme souvent, une histoire commence après une lecture.Celle d’une traversée sauvage dans le cœur de l’Oisans, sur les crêtes séparant les vallées du Haut-Véneon de celle du Valgaudemar et faisant escale au Refuge du Pigeonnier blotti au pied de la face sud des Rouies culminant à 3589m.

Ce sommet, l’un des plus haut du massif de l’Oisans  est d’accès relativement facile par sa voie normale; il propose une sortie du couloir plus raide (passage à 50°) mais facilement évitable par une écharpe filant sur la gauche; c’est cette option là que nous avons suivi aujourd’hui avec Magali et Manu.

Le Valgaudemar est le théâtre idéal pour observer l’écoulement spectaculaires des cascades qui, après cet hiver rigoureux, nervurent les pentes des alpages, bondissent de rocher en rocher pour finalement mugir après une chute infernale. De là, les eaux retrouveront leur sagesse pour s’écouler dans la Séveraisse.

 

Cette vallée située dans le département des Hautes-Alpes est un exception dans le paysage alpin, car elle est la seule à ne pas posséder de station de ski. Le choix de baser le développement territorial sur un ré-ancrage autour de la haute montagne a été effectué. Le Valgaudemar est fermé par une trentaine de sommets dépassant les 3000m d’altitude, dont quelques-uns ont une renommée certaine auprès des alpinistes : l’Olan, les Rouies, les Bans, le Pic Jocelme ou le Sirac par exemple.

L’itinérance que nous débutons aujourd’hui nous mènera, des prairies fleuries du cirque du Gioberney au franchissement des eaux tumultueuses, puis plus haut, des moraines ou le végétal laisse la place au minéral après une lutte acharnée, aux glaciers ou l’horizon permet de voir bien au-delà.

Le sommet des Rouies culminant à 3589m, sans être extrêmement élevé, permet de gouter aux joies d’une aventure en haute montagne : départ de nuit du refuge, progression sur sentier pour se réveiller, puis au travers des éboulis, franchissement de névés permettant de se familiariser avec le cramponnage, remontée d’un large couloir, progression sur glacier en évitant les crevasses et remontée finale sur le sommet par un pente un peu plus raide.

 

 

 Ici l’espace, ici l’air pur, ici le silence. Tout ce qui manque dans les villes est ici préservé. Ici, les espaces donnent lorsqu’on les contemple le sentiment illusoire de la possession du monde. Samivel

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